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  • Photo du rédacteurUrbex Massart

"Vols de nuit" ? ...




Jadis, quand vous entriez dans le château de Moulbaix par le grand hall, vous auriez pu admirer non seulement le grand escalier de marbre blanc mais aussi une sculpture. Relativement imposante puisque 155 cm de long sur 87 cm de hauteur et aussi de marbre blanc. Sculpture aujourd’hui disparue, volée ou revendue. Sa « disparition « s’est faîte peu de temps avant la vente du château ! Ce qui est certain, c’est qu’on ne prend pas un objet de ce poids sous son bras. Son évacuation a nécessité des moyens en hommes et en matériel ! Sur la photo qui suit on peut voir ce qui reste après sa disparition : son piédestal …





La sculpture disparue la voici (photo suivante). Il s’agit d’une œuvre d’un artiste belge : Charles Auguste Fraikin. Baptisée « LE SOMMEIL «, elle représente une nymphe allongée.




(Moulbaix 2015)








La sculture de Moulbaix a probablement disparu entre 2015 et 2017. Elle est facilement reconnaissable car son pied droit a été cassé .

Ce n’était pas le seul exemplaire ; trois autres nymphes existent encore dont la pièce originale en plâtre qui se trouve au musée Fraikin à Herentals. En effet, l’œuvre maîtresse était réalisée par le sculpteur lui-même et le plus souvent en plâtre. A partir de cette pièce étaient réalisées des copies par d’autres personnes. Rodin utilisait de « petites mains « comme Camille Claudel par exemple. Bien souvent ces sculpteurs devenaient aussi des artistes. Début 1900 l’opinion publique eu des doutes sur la paternité des œuvres d’art en marbre ou en bronze !

Mais là n’est pas le propos de Moulbaix.





(Plâtre original : musée Herentals , sculptée en 1858)





La deuxième « copie » en marbre se trouve à Mariemont dans la région du centre. Elle fût commandée en 1856 par Monsieur Warocqué riche patron de charbonnages. On peut toujours l’admirer au musée.





(Musée Royal de Mariemont aujourd'hui)





( Mariemont , jadis à l'extérieur du musée...)




(« Le sommeil « avant l’incendie du château de Mariemont en 1960)






La troisième copie se trouve aux Musées Royaux de Bruxelles. Elle fut donnée par Jean de Becker-Remy en 1948. Elle provient du château du donateur à Elewijt.




(Exemplaire des Musées Royaux en marbre)




Mais revenons à Moulbaix….

La sculpture qui a été dérobée est d’une valeur relativement importante. Fraikin n’était certes pas Rodin mais bon nombre de ses œuvres ornent néanmoins notre patrimoine national.

« Le sommeil « n’est pas la seule œuvre de Fraikin à Moulbaix ! L’escalier monumental de marbre blanc est sans doute de facture « frankinienne «.






(Moulbaix : escalier)






( Moulbaix : détails de l’escalier)








Mis à part l’escalier ou le doute subsiste trois autres sculptures, disparues aussi, sont bien de Charles Auguste Fraikin. Tout d’abord un bras de marbre aux armoiries de la Marquise du Chasteler de Moulbaix. Il s’agit probablement d’un souvenir mortuaire bien que la pratique ne soit pas courante.

Quelques exemples existent ; la main d'Adelheid d'Autriche ( épouse du Roi Victor Emmanuel II d'Italie en est un.






(Main d'Adelheid.)







Ici à Moulbaix, il ne peut s’agir la du bras de la Marquise assassinée. Fraikin était décédé à l’époque du crime. La sculpture originale se trouve à Herentals ; elle est en plâtre. Celle de Moulbaix était en marbre ; j’ai encore pu la photographier en 2015.





(Moulbaix 2015)






(Herentals : plâtre)




La sculpture suivante est un buste du Marquis Oswald du Chasteler .






( photo G. Massart 2015 )



Ce buste fut sculpté après son décès. Il ne semble pas y avoir l’original au musée Fraikin. Malheureusement cette sculpture a été jeté au sol par des vandales.










Les dernières sculptures de Fraikin au château de Moulbaix sont beaucoup plus petites ( à peine 30 centimètres de haut ) . Leur petitesse leur a été probablement fatale …… ; disparues aussi !















Mais qui était Auguste Fraikin ?



Charles-Auguste Fraikin sentira dès sa plus tendre enfance, un goût prononcé pour l’art. Encouragé par un père notaire, il suit dès l’âge de 12 ans, les cours de dessin à l’Académie d’Anvers.

Le décès accidentel de son père le rappelle à la réalité, à 13 ans, il entame des études d’apothicaire à Bruxelles et entre au service du pharmacien Auguste-Donat De Hemptine, brillant chimiste et beau-frère de François-Joseph Navez, élève de David, peintre très en vogue et directeur de l’Académie de Bruxelles. Ce dernier saura vite découvrir le talent du jeune Fraikin. L’apprenti artiste encouragéau ddessin et à la gravure, se hâta de terminer ses études d’apothicaire pour enfin pouvoir se consacrer à l’art.

En 1857, Fraikin épouse Sophie Devis, jeune fille de la haute bourgeoisie de vingt ans sa cadette. Il eut avec elle 4 enfants.

Le succès lui sourit dès 1839 et en 1842, à peine âgé de 24 ans, il reçoit sa première commande officielle.

Lors de l’exposition nationale de Bruxelles de 1845, c’est la reine des Belges qui remarque son œuvre « L’Amour captif » et en parle au roi Léopold Ier. Désormais, les commandes officielles se succéderont et Charles-Auguste Fraikin sera toute sa vie honoré de la bienveillance des monarques belges.

En 1850, c’est au tour de la Grande Duchesse Marie de Russie, directrice des Beaux-Arts, de lui passer une commande pour le musée de l’Ermitage.

Ses élèves furent Constantin Meunier, Léopold Wiener, Willem de Groot et August Braekevelt.

Ses œuvres, de style néo-classique, sont présentes dans de nombreux musées en Belgique et à l’étranger, ainsi qu’au musée Fraikin à Herentals (collection des plâtres de son atelier).

Le marché de l’art offre régulièrement certaines de ses œuvres.

















Guy Massart ( 2022 ).



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